Je suis en vacances (oui, je sais pas très longtemps encore).
Puisqu’elle arrive dans la boite aux lettres le matin, j’aime bien lire, (enfin lire est un bien grand mot), j’aime bien tourner les pages et m’arrêter sur certains articles qui attirent mon regard du journal d’ici : “la D… du M…”.

En quinze jours j’en ai lu des trucs. Des faits divers, des articles sur des sujets d’actualité, politique, faits de société, la météo, le sport, les avis de décès….
Bref le journal.

J’ai bien compris que pour le retraite, ce n’est pas tout de suite et pas avec grand chose dans le porte-monnaie.

J’ai vu les photos de la campagne anti-tabac controversée. Il n’y a vraiment que là que j’ai vu ces images, je ne sais pas où elles sont affichées.

Un fait divers hier a attiré mon attention. Vacances à la montagne, accident, Montauban. Comme si le fait de reconnaitre certains mots de notre quotidien, ou le fait que les choses se passent plus près de nous, rende les événements plus dramatiques. Un accident, une catastrophe sont tout aussi injustes, révoltants, incompréhensibles qu’ils aient lieu ici ou à l’autre bout de la planète.
Je continue la lecture de l’article, juste pour savoir si je ne connais pas les personnes citées ou leurs proches, pour me rassurer, me dire qu’encore une fois ça n’arrive qu’aux autres. Loin du malheur et des problème…
Mais cette fois-ci, je connais. Sans être très proche, je la connais, elle a enseigné au lycée, on se voit tous les ans au moment des examens… Elle fait faisait partie de mon environnement.
Je me suis souvenue de ce que j’avais écrit à la rentrée…
“1er septembre, chemin du lycée. Je vais revoir mes collègues-copains, mes collègues-pas-copains-que-j’ai-pas-envie-de-voir, les mines réjouies, les éternels mécontents, de nouvelles têtes… toujours avec cette appréhension de ne pas retrouver certains ou les retrouver amocher par la vie.
Je ne sais pas pourquoi (si je sais en fait…), j’ai toujours peur de ce qui peut se passer dans une vie pendant une période (plus ou moins longue) où je perds les gens de vue. Lors des retrouvailles je ne demande jamais de nouvelles, je me contente d’un “bonjour” suivi de banalités à hurler qui doit faire penser aux gens que je suis  glaciale et que je ne m’intéresse pas aux autres.
C’est pour ça qu’il n’y a aucune trace de moi au lycée, je n’y laisse rien. A l’époque où je laissais quelques affaires (photocopies, livres…) je vidais à chaque vacance mon espace au cas où je ne reviendrais pas….”
Et surtout je me suis souvenue de mon retour au lycée, l’an dernier, après les vacances de Noël. Dur, très dur. Betty avait écrit un truc, moi je n’en avais pas eu le courage.
J’espère retrouver tout le monde lundi même ceux avec lesquels je n’échange que des banalités, même ceux que je n’aime pas trop, même mes élèves les plus ch….

Allez un autre article de “La D… du M…” moins dramatique : “l’accent toulousain se perd”.
Je sais que le mien a un peu (juste un peu) disparu à cause de mes déplacements, des réunions au Ministère où on ne comprenait pas toujours ce que je disais. J’ai été obligé d’apprendre à prononcer différemment certains sons.
Je ne dis plus moinsss, zinkkk ou zinggg, les gensss…. J’en avais déjà parlé .
Même certaines expressions je ne les emploie plus. Je ne réponds plus “avec plaisir” quand on me dit “merci”, je l’ai remplacé par un banal “de rien”.
Ça me désole de perdre ainsi un peu de mon identité.
Je vais essayer de m’appliquer à parler toulousain et à retrouver mon accent.

Finalement je ne sais pas si ça a du bon le lire le journal…
La semaine prochaine, retour au lycée, je ne suis pas trop motivée.